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L’autre jour lorsque je suis tombée sur Adrien Brody dans le Grand Journal en train de regarder les mannequins défiler légères et court vêtus, je me suis dit qu’il allait nous faire une syncope en direct tellement il n’en pouvait plus de voir ces belles filles à moitié dénudées sous ses yeux.Il en a même jeté sa carte de crédit à Ariane! Bien que très grande cinéphile, je n’avais pourtant jamais vu Adrien dans un film… jusqu’à ce soir. Venu promouvoir son dernier film sur Canal Plus, je me souviens que Michel Denisot disait que “Detachment” était dans la lignée des films du “Cercle des Poètes Disparus” … Franchement la comparaison est un peu trop rapide et réductrice.

Le personnage de Robin Williams paraît presque pathétique et faux à côté de celui d’Adrien. Ici le réalisateur a fait un focus sur le prof, et non pas sur l’élève. Et oui, Brody est tellement habité par son personnage, que l’on pourrait croire qu’il est comme ça dans la vraie vie. Un mec intègre qui refoule son passé en essayant de sauver des vies, attentionné et rempli de compassion. Chose rare aujourd’hui. Son personage nous ferait presque oublier que sur un plateau de télé, Adrien est comme tous les hommes, soit en pamoison, devant les filles en tenue d’Eve sous son nez.Il est juste normal.

Parce que Adrien Brody campe Henry Barthes, un prof, pas comme les autres, on s’attache vite à lui…Parce qu’Henry contrairement aux autres profs  qui pètent les plombs face aux élèves “pertubateurs” lui, il leur donne une chance de sortir du schéma, “je ne m’en sortirai jamais”. Le film se passe aux Etats-Unis mais il pourrait se passer dans n’importe quel quartier occidental. Tony Kaye, réalisateur d’American History X, nous a pondu  un chef-d’oeuvre, criant de vérité au point qu’on a envie de le revoir le lendemain. Detachment traite sans faux semblants de la manière dont la société post-moderne maltraite les jeunes. Les gros plans sur les visages, la caméra qui filme sans pied, l’image  super 8, ainsi que les petits dessins exprimant visuellement nos pensées est un film tourné comme un documentaire: Tony Kaye ne nous vend pas du rêve, mais la réalité violente de ce que les jeunes vivent aujourd’hui face à l’impuissance des adultes, eux-mêmes perdus.

On pourrait croire que le film est triste mais au contraire, il apporte un regard différent sur la vie et nous fait réfléchir sur nos comportements sociaux. Henry Barthes a choisi de faire de sa résilience un atout pour rendre le monde meilleur, même s’il échoue comme la plupart d’entre nous. Mais au moins lui, il aura essayé…

Communiquer le combat d’un homme qui essaie de survivre en sauvant les autres aussi magnifiquement est ce que j’appelle une communication réussie.

Eli devenue double fan en un soir d’Adrian Brody et de Tony Kaye!

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