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Aéroport Charles de Gaulle. Terminal 2. Il est 14h passées. Nous sommes plusieurs à attendre les passagers du vol d’Abu d’ahbi à franchir les portes coulissantes des arrivées. Les minutes s’écoulent, avec une lenteur de tortue. Je m’amuse alors à regarder les inconnus se jeter dans les bras l’un de l’autre. C’est émouvant. J’ai envie de pleurer… ou de rire.  

Les retrouvailles numéro 1. Une jeune femme blonde toute jolie, toute fine, aux yeux de pierres précieuses s’appuie contre le mur et attend calmement que le sésame s’ouvre. Tout à coup, une sportive bronzée franchit la ligne d’arrivée, planche de surf sous le bras. La blonde l’interpelle. L’autre se retourne et son visage se déconfit de joie, la main sur la bouche elle étouffe un cri de surprise. Je reste ébahie et bouleversée. Elles se serrent dans les bras, pleurent. “Je pensais que personne ne viendrait me chercher. Tu n’es pas partie? ” la surfeuse réussit à dire dans un sanglot. J’ai presque honte de ne pas détacher mes yeux, mon regard reste aimanté à la scène. C’est plus fort que moi !

Quelques minutes plus tard, même jour, même endroit.

Les retrouvailles numéro 2. Deux jeunes filles de 17 ans sont sur le pied de guerre, il me semble. L’une est asiatique et son immense téléphone a la fonction miroir. Elle n’arrête pas de se mirer dedans pour se recoiffer. Je souris, je ne savais même pas que cela existait! Vive les nouvelles technologies! Plus besoin du poudrier. Apparemment pour se refaire une beauté comme ça, elle n’attend pas sa maman à mon avis.

Une autre jeune fille à côté au joli peti look mi-intello, mi-bobo, petites lunettes rondes sur le nez qui met en relief sa peau nacrée jette des coups d’oeil d’impatience en direction des fameuses portes coulissantes. Elle sourit aux textos qu’elle reçoit sur son portable. Elle a l’air aux anges, ses sourires la trahissent. Elle non plus n’attend pas son papa, je parie.

J’ai honte encore de les épier toutes les deux, se remaquiller, se recoiffer… Quand soudain, la porte s’ouvre. Un jeune homme coiffé à la brosse façon 2012, monture loupe sur le nez, yeux bridés, petit pantalon serré, très tendance, fait un signe à la jeune fille au look bobo et crie son prénom.

Au même moment, la petite asiat crie le prénom du jeune homme et visiblement en coréen (je reconnais la langue) créant un moment de confusion. Je n’en crois pas mes yeux. Je suis en train d’assister à une scène inattendue. Les deux filles se regardent. Le jeune homme blêmit. Visiblement, il n’avait pas prévu ce genre de comité d’accueil. Situation incongrue. Du coup, personne n’ose sauter au cou du jeune homme. Lui essaie de garder un sourire ravi. La jeune coréenne n’a pas l’air de parler français. La jeune française fait une tentative d’approche pour essayer de lui dire: “ah ben toi aussi, tu l’attendais?” On aurait dit une mini-scène de film.

Les retrouvailles les plus émouvantes que j’ai vécues à l’aéroport étaient le 14 Novembre 2007 où j’ai rencontré pour la première fois mes soeurs coréennes. Mais ceci est une autre histoire. (cliquez sur le lien, c’est mazic)

Eli, qui aime les retrouvailles, surtout lorsqu’on ne s’y attend pas. Excellent moyen de communiquer de l’amour, vous ne trouvez pas?

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